Le mode Aperçu

Le panneau d’analyse lit la partie après coup. Le mode Aperçu travaille en amont, directement sur l’échiquier : il déroule en pièces translucides la suite attendue depuis la position courante.

Il n’y a rien à allumer : sur une partie ouverte, l’Aperçu est toujours prêt et attend un geste. Le sélecteur Aperçu de la barre d’outils ne répond qu’à une seule question — que projette-t-on quand on déroule une ligne ? :

SourceCe qui est projeté
MoteurLa meilleure ligne de Stockfish
LivreLa suite théorique de l’ouverture
ÉtudeLa ligne de l’une de vos études
Tout le dossierToutes les études d’un dossier à la fois — chaque ligne indique l’étude dont elle vient
CollectionLe coup le plus joué dans une collection de vos parties
RevueLa meilleure ligne de l’analyse au coup fautif courant — voir ci-dessous

Le sélecteur affiche en permanence la source courante — Aperçu : Moteur, Aperçu : Sicilienne fermée, Aperçu : 📁 Répertoire blanc. Dès qu’autre chose que le Moteur est suivi, le premier item du menu devient Ne plus suivre : <source> — un clic et retour au Moteur ; re-cliquer la source active dans sa liste fait pareil, et re-cliquer Moteur déjà actif vide le cumul. Et il ne s’arrête pas à une : le sous-menu Cumuler ajoute des sources à celle déjà choisie. Le libellé prend alors un suffixe +2, l’encart s’ouvre sur un en-tête MULTI-SOURCE · n actives, et chaque ligne porte un badge qui dit d’où elle vient. L’encart ne montre que ce qui n’a pas déjà son panneau : les études, dossiers, collections et le livre — les suites de l’arbre restent dans la liste des coups, les lignes moteur dans MEILLEURES LIGNES. Le cycle Tab, lui, traverse toujours tout.

Quelle que soit la source, tout arrive dans une seule liste : les lignes projetées se parcourent avec Tab, et les suites de l’arbre de l’étude ou de la partie y figurent aussi, badgées Suite — l’Aperçu montre donc côte à côte ce que dit le moteur, le livre… et ce que prévoit votre propre arbre.

Projeter, puis revenir

La projection ne s’allume pas : elle se déclenche au geste, et se quitte de même.

GesteEffet
Shift + →Déroule la ligne choisie, coup après coup — Shift + ← recule
Tab / Shift + TabChange de zone : suites de l’arbre, moteur, revue, livre, telle étude, telle collection…
/ Changent de ligne à l’intérieur de la zone
Cmd + Option + GProjette la ligne courante — et, au second appui, revient à la position réelle en gardant la ligne sous la main
Clic sur un coup de l’encartProjette la ligne jusqu’à ce coup
Double-clic sur un coup de l’encartDéroule la ligne en variante éphémère dans la liste des coups, jusqu’à ce coup — comme un clic sur une ligne du moteur (aussi au menu contextuel)
ÉchapRevient à la position réelle ; un second Échap relâche l’Aperçu et rend Tab aux variantes de l’arbre

Toute la nuance entre les deux sorties est là : Cmd + Option + G garde la ligne choisie pour la reprendre aussitôt, Échap remet le compteur à zéro. Une navigation normale (, ) quitte aussi la projection — et dans tous les cas, la partie elle-même n’est jamais modifiée.

Construire une ligne au clavier

Une exception, et elle s’arme : en bout de partie, quand il n’y a plus aucun coup suivant, peut jouer pour de vrai le premier coup de la ligne suivie. Appuyez plusieurs fois et la séquence s’écrit dans la partie, sans toucher la souris — c’est la façon la plus rapide de bâtir une étude à partir d’une ligne du moteur.

Puissant, donc désarmé par défaut : une flèche droite de trop en fin de partie créerait un coup qu’on n’a pas voulu.

Trois portes pour l’armer, un seul état :

  • le bouton de la barre d’outils, à droite des Indices et des Badges — il s’allume quand la construction est armée ;
  • le menu Analyse > → construit la ligne suivie ;
  • le menu Aperçu, en bas de la liste des sources.

Partout ailleurs qu’en bout de partie, reste la navigation, armé ou non : jamais un coup ne s’écrit au milieu d’une partie.

Zones et lignes : deux gestes, deux échelles

Les lignes de l’Aperçu ne forment pas une liste plate mais des zones, une par source. Tab passe de zone en zone ; / parcourent les lignes de la zone où vous êtes. Et surtout : la zone survit aux changements de coup. Choisissez la zone « collection », avancez de dix coups — vous êtes toujours dans la collection, à sa première ligne pour la nouvelle position. Plus besoin de reprendre son contexte à chaque demi-coup.

Sous l’échiquier, le bandeau d’état

Une ligne fixe sous l’échiquier dit en permanence où vous êtes : Aperçu · Suite B (3/7) · pas 2 — quelle ligne est suivie, laquelle parmi combien dans sa zone, à quel pas de la projection. Quelle que soit la « maison » de la ligne (moteur, étude, collection…), l’information est toujours au même endroit.

La convention ↗ : le multi-fléchage, partout pareil

C’est le repère de l’application : chaque panneau de lignes porte la même icône dans son en-tête, avec le même sens partout.

ÉteinteAllumée
MEILLEURES LIGNESla meilleure flèche seuleles trois lignes en flèches, opacités décroissantes
Suites de la positionla flèche de la suite sélectionnée (sinon la principale)toutes les suites en flèches teintées
Encart Aperçu (collection, études, livre)la flèche de la ligne suivietoutes les lignes du corpus, numéros teintés assortis

Le multi-fléchage Bascule ↗ allumée sur une étude Petrov : les six suites en flèches teintées, la suivie (2.Cf3, bleue) bien en avant — et le bandeau qui annonce « Suite A (1/6) ».

Trois règles complètent la convention :

  • Une famille de flèches à la foisl’échiquier parle la langue de la zone suivie. Et cliquer ↗ est un choix : le panneau cliqué prend la parole, l’autre famille se tait.
  • ↗ éteinte n’est pas zéro flèche : la sélection courante garde la sienne. Pour éteindre toutes les flèches d’aide, c’est la lampe Indices (I), l’interrupteur maître.
  • Les réglages sont mémorisés, comme les largeurs de panneaux.

Les pastilles de score

Chaque ligne de l’encart porte aussi sa pastille : Stockfish évalue en éclair la position au bout de la ligne (profondeur 12 — une boussole, pas une analyse). Le chiffre est en convention Blancs, comme partout ; la couleur suit la valeur : vert favorable aux Blancs, gris égal, ambre puis rouge quand ça penche vers les Noirs.

Suivre un joueur

Sur une collection, un coup sur deux est celui de l’adversaire — suivre la collection brute mélange les deux camps. La section Suivre un joueur du menu Aperçu liste les comptes les plus présents de la collection : choisissez-en un, et seules ses parties alimentent les lignes — celles où il tenait la couleur du bas de votre échiquier. Échiquier côté Blancs : son répertoire blanc, ses coups et les réponses adverses telles qu’elles sont venues ; retournez l’échiquier et vous basculez sur son répertoire noir. Tous les coups revient au comportement brut, et le choix est mémorisé par collection.

Mieux : quand un compte est présent dans la quasi-totalité des parties — une collection « Bacrot SpeedRun », typiquement — il est suivi d’office, sans un clic.

C’est l’outil rêvé sur une base de parties d’un maître : les lignes de l’Aperçu deviennent son répertoire vécu, statistiques à l’appui.

La Revue : le meilleur coup, d’un geste

Sur une partie analysée, arrêtez-vous sur un coup marqué Imprécision, Erreur ou Gaffe et pressez Shift + → : la meilleure ligne se projette immédiatement en pièces fantômes sur l’échiquier, depuis la position d’avant la faute. Shift + → déroule la ligne coup après coup, Tab passe aux autres lignes disponibles, Échap revient à la position réelle — la partie elle-même n’est jamais modifiée, c’est une pure projection.

C’est le geste le plus rapide de toute la relecture : pas de panneau à lire, pas de variante à créer — la réponse à « qu’est-ce qu’il fallait jouer ? » apparaît sur l’échiquier, instantanément, car elle vient de l’analyse déjà calculée.

Le même Shift + → sert aussi hors des coups fautifs : une suite de l’arbre désignée par / se déroule en pièces fantômes de la même façon — Échap replie, s’y engage réellement. Le détail de ce mécanisme est sur la page Variantes et annotations.

Le mode Aperçu Les pièces fantômes déroulent la suite attendue — ici, la meilleure ligne du moteur.

L’usage qui fait progresser

Rejouer une de ses parties avec l’Aperçu réglé sur son étude : à chaque coup, la projection montre ce que le répertoire prévoyait — l’écart entre la théorie apprise et le coup réellement joué saute aux yeux. C’est le même mécanisme qui alimente le travail du répertoire, détaillé au chapitre Études & répertoire.

Avec la source Livre, l’Aperçu devient un professeur d’ouvertures silencieux : tant que les fantômes et les coups joués coïncident, la partie est « dans la théorie » — le premier écart signale exactement où le travail commence.