S'entraîner

Connaître sa théorie et la jouer sous pression sont deux compétences différentes. L’entraînement de Régence travaille la seconde : l’application vous met devant les positions de votre répertoire, et vous jouez.

Une séance

Réviser cette ouverture, dans le menu contextuel d’une étude (ou le bouton Réviser de son panneau de détail), ouvre la séance. La règle est simple : l’application joue l’autre camp, et à chaque position où c’est votre trait, vous jouez le coup attendu.

La couleur n’est pas demandée — elle est déjà inscrite dans l’étude. L’écran de départ l’annonce, et un discret Changer reste là pour travailler l’autre camp d’une même étude.

  • Un coup juste enchaîne — l’adversaire répond, la ligne avance.
  • Un coup faux est signalé, avec le coup attendu — et la ligne vous sera reproposée en fin de séance, jusqu’à la tenir sans faute.
  • Un bouton d’indice dévoile progressivement la réponse quand la mémoire cale.

Le compteur de séance suit la progression : ligne courante sur le total, et coups justes sur coups vus.

La fin d’une ligne vous attend

Une ligne terminée n’enchaîne pas toute seule sur la suivante. L’annonce reste à l’écran, sous l’échiquier, et laisse le temps de regarder la position finale. Continuer (ou la touche Entrée) passe à la ligne suivante.

Revoir la ligne la rejoue coup par coup depuis son début : et pour se déplacer, Échap pour sortir. Rien n’est modifié, la séance ne bouge pas — c’est le moment de fixer la ligne avant de passer à la suivante.

Et vous pouvez jouer pendant la revue. Poussez une idée de trois coups sur l’échiquier — les deux camps, comme dans une partie — et le moteur suit la position que vous testez. Reprendre défait le dernier coup, Effacer revient à la position de la revue, et reprend l’essai avant de déplacer le pas. Ces coups n’existent qu’à l’écran : votre étude n’est jamais touchée, et la séance reste figée.

Afficher les coups joués liste les coups de la ligne en cours. Survolez-en un : le mini-échiquier de sa position s’ouvre, sans avoir à rejouer la ligne de tête.

Le moteur, à la fin de la ligne

C’est là — et seulement là — que l’analyse apparaît. Le panneau de droite montre l’évaluation de la position atteinte et les trois meilleures lignes du moteur. Pendant la révision, il reste muet : afficher ses lignes en pleine ligne reviendrait à souffler la réponse.

Chaque ligne du moteur se clique. Elle se déroule alors coup par coup sur l’échiquier — avec vos raccourcis habituels : ⇧← et ⇧→ pour vous déplacer dans la ligne, Tab pour passer à la suivante, Échap pour revenir à la position. Ce sont ceux de l’Aperçu, et ceux que vous avez personnalisés s’appliquent ici aussi. Rien n’est écrit dans l’étude : on regarde, on comprend, on ferme.

Le panneau annonce aussi ce que vaut la ligne que vous venez de réviser, même si l’étude n’a jamais été analysée.

Pour aller plus loin — jouer vos propres coups, annoter, sauver une variante — quittez l’entraînement : l’échiquier d’analyse s’ouvre sur la position de la ligne que vous travailliez, et non au début de l’étude.

Ce qu’on travaille : la théorie, ou la punition

Une étude ne contient pas qu’un répertoire. Elle contient aussi ce que l’adversaire peut rater, et comment le punir. Ce sont deux exercices différents, et les mélanger dilue les deux : on récite dix lignes de théorie et, au milieu, l’adversaire offre une pièce.

L’écran de départ propose donc Que veux-tu travailler ?

PortéeCe qu’elle retient
ThéorieCe qu’il faut savoir par cœur. Les lignes qui n’existent que par une erreur adverse sont mises de côté.
PunitionsUniquement les lignes où l’adversaire se trompe : on s’entraîne à réfuter.
ToutLes deux.

Ce tri repose entièrement sur l’analyse des branches : c’est elle qui sait de quel côté vient chaque faute. Tant que l’étude n’est pas analysée, le sélecteur reste inactif — et l’écran propose de lancer l’analyse sur place.

Deux réglages l’accompagnent :

  • Tirer l’ordre des lignes au sort. Sans cela, les lignes reviennent toujours dans le même ordre, et on finit par reconnaître la suite à sa place dans la file plutôt qu’à la position sur l’échiquier.
  • Inclure les lignes que l’étude condamne. Écartées par défaut — voir ci-dessous.

Les lignes que l’étude condamne

Une étude sérieuse contient des contre-exemples : « ici, surtout pas Cg5 ». Ces lignes-là ne sont pas des consignes, et le drill ne les demande plus. Un message indique combien ont été écartées au début de la séance.

C’est encore l’analyse des branches qui fait la différence : une variante « mauvaise » jouée par l’adversaire est légitime — l’étude montre comment la punir. La même jouée par votre camp est un contre-exemple.

Quand le coup joué est dans l’étude sans être le bon

Un carrefour offre souvent plusieurs suites jouables. Répondre « faux » à un coup que l’auteur a lui-même écrit comme une option n’apprendrait rien — pire, cela découragerait de connaître ses alternatives.

Régence le nomme donc, et le juge :

  • « Fc4 vaut Fb5 — l’étude joue Fb5 » : la suite est aussi bonne. Elle est acceptée, la séance continue.
  • « c3 est jouable, mais l’étude préfère Fb5 » : le coup du répertoire est redemandé.
  • « Cg5 est dans l’étude, mais concède nettement » : idem, et la raison est dite.

Un coup absent de l’étude, lui, reste une simple erreur.

Une position ne se redemande pas deux fois

Un répertoire est un arbre : ses lignes partagent leurs premiers coups. Sur une séance de trente lignes, le premier coup était demandé trente fois, le deuxième vingt fois — et les positions rares, celles qui méritent vraiment le travail, arrivaient en dernier, quand l’attention est partie.

Une position déjà réussie n’est donc plus redemandée de la séance : elle se rejoue toute seule, en vitesse, sous la mention Déjà su — on passe.

Une position corrigée après une faute, elle, reste à revoir : c’est tout l’objet de la seconde chance.

Où mène la ligne en cours

Quand l’étude est analysée, le panneau affiche le gain de la ligne en cours de révision — du point de vue du camp entraîné, que l’on joue Blanc ou Noir. Une mention signale les lignes qui enseignent une punition.

Réciter une suite sans savoir ce qu’elle vaut, c’est apprendre par cœur sans comprendre. Et c’est ce qui s’oublie le plus vite.

Réviser un dossier entier

Réviser ce dossier, dans le menu contextuel d’un dossier d’études, entraîne tout un répertoire en une seule séance — sous-dossiers compris. Chaque étude est interrogée de son propre côté (une étude Blancs se joue côté Blancs, une étude Noirs côté Noirs), et une carte indique en permanence l’étude dont vient la ligne en cours. Les statistiques, elles, restent comptées par étude : la séance est globale, le diagnostic reste précis.

L'entraînement Votre trait — le répertoire se récite sur l’échiquier, pas de tête.

La répétition espacée

Derrière la séance, chaque position de votre répertoire vit dans une boîte de mémorisation, de 1 à 5 — le principe des cartes de révision (système de Leitner) :

  • Coup juste : la position monte d’une boîte — elle reviendra moins souvent.
  • Coup faux : la position retombe en boîte 1 — elle revient au premier plan.

Les positions fragiles se représentent donc naturellement plus souvent que les acquises. Inutile de gérer quoi que ce soit : jouer ses séances suffit, le système fait le tri.

Lire sa maîtrise

Voir les statistiques, dans le menu contextuel de l’étude, dresse le bilan : réussite globale, maîtrise branche par branche — et c’est là que l’entraînement devient chirurgical : une séance peut se lancer directement depuis une branche faible, pour ne travailler que la variante qui flanche.